Je
m’appelle Carmen Humphrey et je viens d’un petit village canadien français qui
s’appelle St-Isidore-de-Bellevue, en Saskatchewan, et qui se trouve à environ
100 kilomètres de Saskatoon. Je ne vous ennuierai pas avec les détails de ma jeunesse,
parce que mes premières années ont été très heureuses. Nous étions
pauvres mais nous ne le savions pas. On s'est
toujours senti aimés et en sécurité.
J’ai
fait mes études pour devenir infirmière licenciée et j’ai travaillé à la City
Hospital et à l’hôpital Royal University dans la salle d’opérations, dans les
salles d’observation, et finalement aux soins intensifs. J’ai également
travaillé dans des maisons pour personnes âgées. J’en suis à mon deuxième
mariage et je suis très heureuse. Lors de mon premier mariage, j’ai été victime
d’abus. Mon premier mariage a été annulé par l'eglise. Mon deuxième mari et moi
avons deux garçons.
J’ai
toujours cru en Dieu. Étant jeune, j’étais fidèle à la pratique religieuse
mais, quand je suis partie de la maison, je n’étais plus aussi fidèle à la
messe du dimanche. Je croyais en Dieu, mais je pensais parfois qu’il m’avait
abandonnée.
En
1984, j’ai eu un accident de voiture. Suite à l’accident j’avais de gros maux
de tête. J’avais souffert d’un traumatisme cervical et mes maux de tête étaient
douloureux à un point tel que je ne pouvais pas travailler.
En
1988, ma soeur apprit qu’elle avait le cancer. C’était un cancer rare et elle a
beaucoup souffert.
En
juillet 1989, le Père Émilien Tardif est venu en Saskatchewan. Il est décédé
maintenant. Il a célébré une messe de guérison à l’église St. Patrick. Il y
avait beaucoup de monde: l’église était pleine. Ma mère avait demandé que nous
y allions tous pour prier pour ma soeur. Bien que je ne savais pas trop si je
croyais aux miracles et aux guérisons, j’y suis allée car, quand notre mère
nous demande de faire quelque chose, on le fait!
Je me
suis mariée en 1988 et je suis devenue enceinte en 1989. J’avais des maux de tête
à tous les jours et, souvent, deux fois par jour. Je ne voulais pas aller à
cette messe de guérison, mais j’y suis allée quand même. Nous étions en haut,
dans le jubé, dans cette vaste église, quand le Père Tardif a commencé à
“parler en langues”. Je n’avais jamais entendu ça de ma vie. J’ai pensé: «Mon
doux, c’est étrange, mais très touchant.» Et j’ai commencé à pleurer. Je me
sentais au Ciel, et comme si j’entendais les anges chanter.
Quelques
minutes plus tard, j’entendis le Père Tardif qui disait: «Quelqu’un est guéri
de l’arthrite dans l’épaule gauche» et une personne s’est mise debout. Pendant
environ 30 minutes, il a prié en langues et à tout bout de champ, il s’arrêtait
pour annoncer: «Quelqu’un est guéri de ceci, quelqu’un est guéri de cela.» Un
peu partout dans l’église des personnes se levaient debout. Encore une fois je
me suis dit: «Je ne crois pas en tout cela. Ils doivent s’être parlés entre eux
avant!» Je ne voulais même pas être là il faisait très chaud dans l’église et
j’étais enceinte. Tout à coup, le prêtre a dit: «Quelqu’un qui souffre de
beaucoup de maux de tête depuis quelques années ressent maintenant beaucoup de
chaleur dans le cou.» Eh bien, je ressentais beaucoup de chaleur dans mon cou,
mais je n’étais pas pour me mettre debout et dire: «C’est moi!» Je me suis dit
que ça devait être parce que j’étais enceinte, que j’avais les cheveux longs,
et que c’était le mois de juillet. Alors, je n’ai rien dit.
Après
cette messe de guérison, je n’ai plus jamais eu mal à la tête. Pendant cinq
années, j’avais eu ces maux de tête de façon presque constante, et puis, tout à
coup, plus de maux de tête! J’ai tout de suite su dans mon coeur que c’était un
miracle, car je savais combien mes maux de tête avaient été intenses. Je l’ai
dit à personne parce qu’ils auraient pensé que j’étais en train de devenir
folle. Vous savez, on ne parle pas de ces choses-là juste comme ça. Je n’ai
rien dit à personne. Seul mon mari le savait.
Puis,
le 15 juillet 1991, ma soeur Juliette est décédée. J’ai commencé à me dire: «Le
Seigneur m’a guéri et il ne l’a pas guérie, même si elle était beaucoup plus
malade que moi. (Je n’ai pas été aussi reconnaissante pour cette guérison que
j’aurais dû l’être.) J’ai commencé à demander à l’Esprit Saint de m’aider, de
me rendre plus reconnaissante, de faire de moi une meilleure épouse et une
meilleure mère, une meilleure soeur, une meilleure fille et un bon exemple pour
tous ceux que je rencontrerais. Je lui ai aussi dit de se servir de moi s’il
avait besoin de moi. Je ne voyais vraiment pas comment l’Esprit Saint pourrait
se servir de moi, car je suis une mère à la maison, je ne vois jamais personne,
je ne fais jamais rien et je ne vais jamais nulle part. Mais faites attention à
ce que vous dites quand vous priez, car ça pourrait fort bien vous arriver.
Je me
suis mise à lire sur les apparitions de Fatima, Lourdes, Medjugorje et tous les
messages. Je me disais: «Oh! mon doux! nous nous dirigeons tout droit vers
l’enfer, car personne ne vit tous ces messages, personne! Nous sommes tous
devenus indifférents par rapport au Seigneur. Nous vivons sans nous poser de
questions sur les conséquences de nos actions. Il est quelqu’un vers qui nous
nous tournons quand nous avons un besoin ou quand nous sommes très souffrants,
ou lorsque nous sommes vraiment désespérés, à ce moment-là, nous faisons appel
à lui.»
Je me
suis dit: «Je dois commencer à prier pour ma famille, pour mes amis et pour la
conversion des pécheurs. Je dois commencer à dire le chapelet.» Le Rosaire
était la prière la plus puissante que je connaissais à l’époque. Depuis, j’ai
appris que dire un seul Je vous salue Marie avec le coeur peut convertir une
âme, sortir une âme du purgatoire et lui permettre d’entrer au Ciel, mettre fin
à une guerre ou changer le monde. Voilà la puissance d’un seul Je vous salue
Marie. Je me disais donc: «Je dois commencer à réciter le chapelet.» Je n’aime
pas dire le chapelet toute seule, car j’ai beaucoup de difficulté à me
concentrer. Alors, j’ai commencé à demander à des personnes: «Voudriez-vous que
l’on se rencontre une fois par semaine pour réciter le chapelet?» Personne ne
voulait réciter le chapelet avec moi. Tout ceci se passait entre 1991 et 1995.
En
septembre 1995 avait lieu la levée de fonds annuelle de l’évêque. Une femme
merveilleuse et sa fille vinrent chez moi. Pendant notre conversation, j’ai
dit, «Savez-vous, je suis à la recherche de quelqu’un avec qui réciter le
chapelet et personne ne veut le faire. Jeannette répondit: «Je vais réciter le
chapelet avec toi.» J’ai répondu: «C’est merveilleux!» Alors, dès cette
semaine-là, nous avons commencé à dire le chapelet ensemble une fois par
semaine. Nous allumions une bougie et c’était très calme et paisible. Chaque
semaine nous nous rencontrions pour prier le chapelet.
Durant
le mois de février 1996, le carême a commencé et nous nous sommes dit que nous
voudrions faire un petit spécial. Nous avons commencé à nous rencontrer plus
souvent, à aller à la messe, à l’adoration et à dire le chapelet jusqu’à cinq
fois par semaine. Quand on récite souvent le chapelet, notre vie commence à
changer. Nos vies commencèrent à changer. Je ne sais pas comment le décrire
mais c’était merveilleux.
Et
voilà qu’à la fin de 1996, une autre femme vint vers moi. Nous étions à
l’adoration et elle vint vers nous et nous invita à son Cénacle marial chaque
vendredi à une heure. Nous avons commencé à nous y rendre tous les vendredis
après-midi et nous y avons rencontré des personnes merveilleuses.
Puis,
en 1997, les choses commencèrent vraiment à débouler. à l’époque, je pensais
que c’étaient de simples coïncidences, mais maintenant je me rends compte que
c’étaient de petites interventions divines.
Le 13
juillet 1997, je suis allée chez la femme chez qui avait lieu le Cénacle. Elle
avait une invitée qui habite Vancouver et qui a des visions. Son invitée pria
sur moi et me dit: «Dieu a une mission pour toi.» Quand on se fait dire quelque
chose comme ça, on ne sait pas trop quoi penser. Je suis revenue à la maison et
je me souviens d’avoir dit à ma mère: «Je me demande quel genre de mission le
Seigneur a pour moi.» Je me souviens d’avoir discuté de cela avec elle.
Deux
jours plus tard, le 15 juillet, un mardi, c’était l’anniversaire du décès de ma
soeur. Chaque année, nous allons à Saint-Laurent, au sanctuaire de Duck Lake.
Nous y sommes allés avec un groupe de personnes et avons dit le chapelet
ensemble. Je suis allée dans une petite boutique et j’ai trouvé une petite
médaille de l’Esprit Saint. Je la trouvais si jolie, et je l’ai achetée. J’ai
demandé au prêtre, le Père Fioleau, de la bénir. Je l’ai mise sur ma chaîne et
je la montrais à tout le monde en disant: «Regardez, j’ai trouvé mon Esprit
Saint!» Ils ont dû tous penser que j’étais un peu folle au sujet de cette
médaille.
La dame
chez qui avait lieu le Cénacle a pris la médaille dans sa main et a dit: «Elle
me brûle la main.» J’ai touché la médaille et elle était chaude mais c’était le
mois de juillet et il faisait chaud dehors, mais elle ne me brûlait pas la
main. Elle me regarda et me dit: «Tu es remplie de l’Esprit Saint, tu vas
recevoir un don de l’Esprit Saint.» Encore une fois, on ne sait pas trop
quoi dire ou quoi penser quand on se fait dire quelque chose comme ça. Puis,
elle a dit: «Peut-être que tu vas parler en langues.» Je m’étais déjà fait dire
ça et je me suis dit: «Peut-être que dans dix ans je vais parler en langues… Je
peux vivre avec ça.»
Le
lendemain, je suis allée à l’église St. Mary. J’y vais plusieurs fois par
semaine. Après la messe, j’ai rencontré une amie sur le perron de l’église.Je
lui ai dit: «Hier, je suis allée à Saint-Laurent et nous avons récité le
chapelet et fait le Chemin de la Croix. C’était une très belle journée et,
regarde, j’ai trouvé mon Esprit Saint!» Comme je lui montrais ma médaille de
l’Esprit Saint, elle me dit, «Je viens d’avoir une manifestation de l’Esprit
Saint.» Je ne savais pas ce que ça voulait dire. Je ne savais pas que des
personnes pouvaient avoir ce genre d’intimité avec l’Esprit Saint. Elle me dit:
«Je sens que l’Esprit Saint est ici avec nous.» Je me suis dit: «Bien, nous
venons d’aller à la communion, nous sommes à côté de l’église, peut-être qu’il
vient nous dire bonjour.» Je ne savais pas. Ce soir-là nous avons eu une heure
d’adoration ici à l’église Saint-Jean-Bosco.
Ce
soir-là, je suis venue à 9h00 et je me suis assise droit au milieu de l’église.
Je me suis dit: «Je vais passer une très belle heure d’adoration parce que j’ai
beaucoup de choses pour lesquelles je veux prier.» Je commence toujours avec le
Notre Père, mais j’étais incapable de dire le Notre Père, je ne pouvais pas
prier du tout. Je me suis dit: «Mon doux, pourquoi est-ce que je ne suis pas
capable de me concentrer?» D’habitude, je suis capable de me concentrer quand
je prie. J’ai commencé à regarder les murs et à penser à toutes sortes de
choses comme, par exemple, ce que j’allais faire pour souper le lendemain soir.
Le Saint Sacrement était exposé droit devant moi et je me sentais coupable de
ne pas être capable de me concentrer sur la prière. Je me suis dit que je
devrais peut-être essayer de lire quelque chose, mais j’étais incapable de me
concentrer sur quoi que ce soit. Même si je suis restée une heure entière, je
n’ai pas réussi à réciter une seule prière. En m’en retournant à la maison, je
me disais que j’avais été bien distraite et que ces heures d’adoration sont
rares et qu’on ne devrait pas les gaspiller.
à la
maison, j’ai un petit travail qui consiste à faire des épilations à la cire
chaude. Le lendemain matin, une dame avait rendez-vous pour son épilation. Elle
avait un petit garçon de 5 ans qui était en train de devenir sourd et qui
fréquentait l’école pour les sourds. Elle avait emmené son fils avec elle.
Lorsqu’elle entra chez nous, j’entendis une voix. Sans doute, vous allez
trouver que mon histoire commence à devenir bizarre. La voix disait: «Place ta
main sur ce petit garçon et prie pour lui.» Il n’était pas question que
j’impose les mains à cet enfant. Je ne connaissais pas assez la femme pour ça.
On ne touche pas n’importe qui juste comme ça. J’ai toujours respecté l’espace
vital des gens. J’ai prié pour lui dans mon coeur parce que je ressentais de la
compassion pour lui, mais je ne lui ai pas imposé les mains. Puis, la femme est
partie de chez moi.
Une
heure plus tard, ma nièce est venue avec son petit garçon qui avait 11 mois à
l’époque. Ce petit enfant était très allergique au lait. Ils sont rentrés chez
moi et, à nouveau, j’ai entendu cette voix: «Place ta main sur ce petit garçon
et prie pour lui.» La voix était réelle, je l’entendais dans ma tête. J’ai tout
de suite pensé que j’avais des hallucinations, même si je n’en avais jamais eu
de ma vie. Il n’était toujours pas question que je place mes mains sur son
fils, car ma nièce allait croire que j’étais folle de placer mes mains sur cet
enfant et de prier pour lui. Je lui dis: «Reste ici avec mes deux garçons et je
vais retourner à l’église.» Je voulais reprendre cette heure d’adoration que je
n’avais pas réussie le soir précédent.
Je suis
entrée dans l’église et j’ai commencé à ressentir une sensation de picotement
dans mes mains et comme un engourdissement à l’intérieur de mes mains. Je me
suis dit: «Mon doux! je vais faire un ACV! J’ai plus de 40 ans et j’ai quelques
livres en trop; je vais mourir. C’est un bel endroit où mourir, juste ici
devant le Saint Sacrement… Prends-moi Seigneur, maintenant!» Je n’étais pas en
train de mourir et j’ai commencé à me demander ce qui était en train de se
passer. Le syndrome du tunnel carpien? C’est ça! Je vais devoir me faire opérer
et j’ai plein de vaisselle à laver! Comment vais-je faire le ménage de la
maison? Je n’avais aucune idée quelle était la cause de cette sensation
d’engourdissement. Je suis une infirmière licenciée et je pensais à tout ce qui
pourrait causer cet engourdissement dans mes mains. Je suis restée une heure
mais, encore là, je n’ai pas récité une seule prière.
Quand
je suis partie, une dame qui venait des Philippines est sortie en même temps
que moi. Elle est venue vers moi et a pris mes mains dans les siennes. Je me
suis dit: «Mais qu’est-ce qu’elle fait? On ne va pas vers une personne qu’on ne
connaît pas et lui attraper les mains juste comme ça!» Elle me dit: «Est-ce que
ça va?» Ça ne paraissait pas que j’étais émue. Je lui ai répondu: «Oui, ça va,
mais j’ai comme une sensation de picotement dans les mains.» Elle m’a répondu:
«Est-ce que vous le ressentez? L’Esprit Saint est ici présent.» Je me suis dit:
«Quelle affaire!» et je lui ai dit «Qu’est-ce que vous voulez dire?» Elle m’a
répondu: «Ne le ressentez-vous pas? J’ai répondu: «Non, je ressens tout
simplement ce picotement dans mes mains.» Elle m’a répondu: «Est-ce que je peux
venir chez vous?» Je me suis dit: «Bon, je suppose qu’elle ne doit pas être un
tueur en série puisqu’elle vient de passer une heure devant le Saint
Sacrement.» Elle m’a suivie jusqu’à la maison.
Au
moment où elle entrait chez nous, elle m’a dit: «Je sens qu’il va y avoir
beaucoup de personnes qui vont venir ici et que vous allez prier sur elles.
Vous avez le don de guérison. Le Seigneur vous parle. Écoutez-le!» Là, j’ai
perdu les pédales et j’ai commencé à pleurer. J’ai dit: «Ça n’est pas possible
que tout ceci soit en train d’arriver! Des choses comme ça arrivent à de
saintes personnes, sûrement pas à moi.» Je ne voulais plus rien entendre. Les
mains me démangeaient vraiment beaucoup. Elle me dit: «Calme toi et soit
obéissante», et elle s’en alla chez elle.
Ce
soir-là, mon mari… Je dois vous dire que mon mari est un homme merveilleux,
mais qu’il n’a pas grandi dans la foi. Il ne parle jamais de Dieu. En fait,
avant qu’on se marie, la seule chose que je lui ai dite était: «Ne me force
jamais à choisir entre toi et le Seigneur, parce que tu vas perdre à chaque
fois.» C’est tout ce qui a jamais été dit au sujet du Seigneur entre mon mari
et moi. Il me laisse faire tout ce que je veux; il est très tolérant et a dû le
devenir de plus en plus avec les années. Il me dit: «Il y a quelque chose qui
t’achale, il faut que tu me dises ce qui ne va pas.» Je lui répondis: «Je ne
peux pas te parler de ça. Tu ne me croirais jamais.» Il me répondit: «Il faut
que tu me dises ce qui ne va pas. Il faut que tu me le dises.» Alors je lui ai
dit: «Tu ferais mieux de t’asseoir parce que tu n’en croiras pas tes oreilles.»
Je lui racontai ce que les femmes avaient dit au sujet de l’Esprit Saint et au
sujet du picotement dans mes mains, et des voix que j’avais entendues… Après un
bout de temps, il dit: «Peut-être que le Seigneur veut que tu fasses quelque
chose.» Je l’ai regardé en me disant: «Qu’est-ce qui te prends?» Je comprends
maintenant que ce n’était pas lui qui avait parlé. Ces paroles ne seraient
jamais sorties de sa bouche.
Ce soir
là, j’ai passé une nuit pas mal agitée: tourne d’un bord, tourne de l’autre. à
2h30, quelque chose me poussa à me lever et à écrire quelque chose. Pendant cinq
ans, mes enfants, lorsqu’ils étaient petits, m’ont réveillé toutes les nuits
aux deux heures et, à chaque fois, je ne voulais jamais me lever. J’ai pris ma
couverture et me suis bien emmaillotée dedans en me disant que si je ne
bougeais pas, je me rendormirais. Mais, j’ai entendu: «Sois obéissante, sois
obéissante!» Ça résonnait tellement fort dans ma tête que j’ai fait revoler la
couverture et me suis dit: «D’accord!» Je me suis levée et suis allée dans la
cuisine sans savoir ce que je faisais.
J’ai pris
un morceau de papier et, en quelques minutes, j’avais écrit une prière
incroyablement belle avec des expressions que je n’avais jamais utilisées
auparavant dans ma vie. Je l’ai regardée et me suis dit: «C’est tellement
beau!» Cette prière était dans ma tête. Je suis retournée me coucher et j’ai
prié pour les deux garçons sur lesquels je n’avais pas prié, pour mon père qui
était en train de devenir aveugle, pour des personnes qui ont le cancer, pour
des personnes qui souffrent d’allergies; j’ai prié jusqu’à 5h30 du matin.
Le
lendemain avait lieu le Cénacle chez la dame, à 1h00. Je me suis rendue là, et
voilà la dame des Phillippines qui m’attendait dehors. Elle n’allait presque
jamais là. Elle vint vers moi, me prit les mains et dit: «Étiez-vous debout à
2h30?» Je n’en avais parlé à personne. J’ai dit: «Oui.» Elle me dit: «J’ai
récité les quinze dizaines du Rosaire pour toi. Le Seigneur est en train de te
parler. Il veut que tu fasses quelque chose. Il faut que tu le fasses. Ne le
ressens-tu pas?» Je lui ai répondu: «Non, tout ce que je ressens est un
picotement dans les mains et s.v.p. ne me parlez plus de cela.» Elle me
répondit: «Allez parler à un prêtre.»
Nous
avions un nouveau prêtre ici, l’abbé Denis Phaneuf, et tout ce que je savais à
son sujet était qu’il n’était pas du genre à tolérer des histoires qui ne
tenaient pas debout. Il était très direct. Il allait probablement me dire que
j’étais malade, d’aller consulter quelqu’un, et de ne pas le déranger avec ce
genre de choses. En plus, ma soeur arrivait de Montréal et nous nous en allions
rendre visite à mon frère à Flin Flon dans le nord du Manitoba. Mon frère
travaille comme policier là-bas et nous nous en allions à la pêche, puis nous
allions repartir pour aller voir mon autre soeur à Calgary. Je n’avais pas le
temps de parler à un prêtre. Je l’ai dit à ma mère et lui ai demandé de garder
le plus grand secret à ce sujet.
Dans la
voiture, lorsque nous voyageons avec mes parents, nous prions; nous disons un
chapelet de la miséricorde, un chapelet ordinaire, un autre chapelet de la
miséricorde et un autre ordinaire, un chapelet de la miséricorde et un autre
chapelet ordinaire. Puis nous nous arrêtons pour une petit bout de temps, et
puis nous récitons plusieurs autres sortes de prières. C’est long jusqu’à Flin
Flon et c’est encore plus loin jusqu’à Calgary. à chaque fois que nous priions,
je ressentais de nouveau le picotement dans mes mains.
Deux
semaines se sont passées et je suis allée camper avec mes fils au parc régional
de Wakaw. Mon plus jeune est allé dans l’eau dès la première journée et en est
ressorti tout tremblotant, faisant de la fièvre et avec le nez qui coulait. Il
est très sujet à faire des infections d’oreilles; il en fait facilement 3 ou 4
par année. J’étais fâchée car on venait juste d’arriver et je ne voulais pas
être obligée de retourner à Saskatoon aussitôt arrivés. J’ai placé ma main sur
lui. Comme il avait seulement 5 ans à l’époque, je ne me suis pas sentie gênée
de le faire. J’ai prié. Et, le lendemain, il était comme neuf, sans aucun
symptôme de quoi que ce soit. Nous avons passé une semaine merveilleuse. Je
trouvais ça pas mal extraordinaire… cependant je me disais que c’était une
coïncidence.
Le
lundi suivant était le l8 août et c’était le jour de la rentrée à l’école Saint-Dominique.
Cette année-là, la rentrée avait lieu plus tôt pour la commission scolaire
catholique. Toutes les mères attendaient dans le corridor, leur chéquier à la
main, pour payer les frais d’inscription. Par politesse, j’ai demandé à la dame
à côté de moi: «Comment allez-vous?» Je ne la connaissais pas très bien à
l’époque. Elle me répondit: «Je passe un été réellement difficile; je souffre
d’arthrite dans mon épaule gauche. Je ne peux pas porter mon alliance. Ça fait
cinq ans que je ne l’ai pas portée. Je ne suis pas capable de faire mon travail
de maison. Je passe un été vraiment épouvantable.» Je regrettais de lui avoir
posé la question. Sans trop savoir pourquoi, je lui dis tout à coup:
«Voudriez-vous que je prie sur vous?» Je ne pouvais croire que j’avais
réellement prononcé ces paroles. Je me suis dit: «Mon doux! si elle est
d’accord, il va bien falloir que je prie sur elle!» Et j’voulais surtout pas.
Elle a dit: «Oui.» Je me suis dit: «Oh non! il y a plein de monde partout!
Allons derrière une porte.» Nous sommes allées nous cacher derrière une porte.
Ce fut l’un des moments les plus gênants de toute ma vie. J’ai placé ma main
sur son épaule gauche et j’ai récité la prière qui m’était venue durant la
nuit. Elle m’a dit merci et est partie.
Je me
suis dit: «Je ne ferai plus jamais ça! Il faut que j’aille parler à un prêtre.»
J’ai appelé le presbytère et il n’était pas là. J’ai laissé mon nom et mon
numéro de téléphone. Lorsque l’abbé Denis m’a rappelée, je lui ai dit: «Je
m’appelle Carmen Humphrey et j’aimerais vous parler de quelque chose de très
important.» Il m’a répondu: «Je n’ai pas le temps de vous parler.» Je me suis
dit: «Merci Seigneur!» Je pensais qu’un prêtre parle à tout le monde. J’ai donc
conclu que j’avais ma réponse du Seigneur. Tout ceci va s’en aller. Je n’en ai
parlé à personne. Tout est sous contrôle. Ma mère m’a promis de garder le
secret. Ça va s’en aller… tout ceci va fini par s’en aller.
Deux
jours plus tard, l’abbé Denis m’appelle et me dit: «Votre nom est ici sur mon
bureau. M’avez-vous appelé?» Non, lui dis-je. Il me dit alors: «J’aimerais vous
parler.» Je me suis dit: «Y’a pas de problème, il ne peut rien faire de toute
façon, il ne peut pas m’enlever mes enfants. Il ne peut pas non plus me
congédier. Il ne peut pas me jeter en dehors de l’église. Je vais y aller et
tout lui raconter.» Je suis allée au presbytère à 1h00 le 28 août. Ne parlez
jamais à l’abbé Denis à 1h00 de l’après-midi, car il pense juste à dormir.
Je suis
entrée dans l’église et me suis assise sur un banc, et je lui ai tout raconté.
Je lui ai montré la prière que j’avais écrite, je lui ai parlé au sujet du
picotement dans mes mains, je lui ai parlé des voix que j’avais entendues. Je
lui ai répété ce que les femmes avaient dit au sujet de l’Esprit Saint. Il
bâillait. «Mon Dieu, il doit être tanné», me suis-je dit. Finalement, il m’a
dit: «Alors, c’est quoi votre problème? Vous devriez vous mettre à genoux et
remercier le Seigneur. Il vous a donné le don de guérison.» Je n’en croyais pas
mes oreilles.
«Mais,
c’est surnaturel?» lui dis-je. «Bien sûr que c’est surnaturel!» qu’il m’a
répondu. – «Mais, je ne suis pas une assez bonne personne pour que quelque
chose comme ça m’arrive.» – «Bien, qu’est-ce que tu penses de toi?» – «Je pense
que je suis une pécheresse!» – «Les pécheurs vont en enfer!» Je commençais à me
sentir assez mal à l’aise. Il m’a dit: «Jésus est mort sur la croix pour te
rendre digne. Nous sommes tous dignes des dons de l’Esprit Saint. N’essaie pas
de comprendre pourquoi le Seigneur t’a choisie pour quelque chose comme cela,
car tu ne seras jamais capable de comprendre. Agis tout simplement.»
Je lui
demandai alors: «Que signifie le picotement dans mes mains?» Il me répondit:
«Oh! c’est l’Esprit Saint qui veut que tu touches les gens, que tu les bénisses
et les guérisses. Fais-le, fais-le! Il t’a même donné le mode d’emploi. Alors
fais-le!» Je lui répondis: «Je suis juste une mère à la maison. Je ne vais
jamais nulle part. Je ne vois jamais personne.» Il me répondit: «Ne t’inquiète
pas de ça. Si le Seigneur veut se servir de toi de cette façon, il trouvera
bien un moyen.» Il me dit aussi que je pouvais refuser ce don, et que le
Seigneur irait tout simplement à la recherche de quelqu’un d’autre, et qu’il
m’aimerait tout autant, mais que je devrais quand même essayer de voir ce que
le Seigneur peut faire. Puis il m’a donné la combinaison pour l’église en me
disant de venir aussi souvent que je le voudrai.
Je suis
allée à la maison et j’ai appelé ma mère. Nous avons pleuré longtemps au
téléphone. Il fallait que je le dise à ma famille. C’est facile pour moi de
raconter des choses comme ça à ma famille. Mais j’ai une soeur qui reste ici à
Saskatoon; elle est très spirituelle et très intelligente. Elle ne se laisse
pas avoir par n’importe quel genre de sensationnalisme. Elle est très sceptique
par rapport à ce genre de choses: elle ne me croirait jamais. Elle me connaît
très bien depuis notre enfance. Elle ne me croirait pas, mais il fallait que je
le lui dise.
Le jour
de la fête du travail, je suis allée chez elle. J’ai emmené mon autre soeur
avec moi comme soutien moral et je lui ai raconté toute l’histoire. Elle me
dit: «C’est merveilleux! C’est le genre de choses qu’on lit, mais on ne pense
jamais rencontrer ces personnes. Et, en plus, que cela arrive à quelqu’un que
l’on connaît, quelqu’un de la famille à qui on peut avoir accès en tout temps,
c’est merveilleux! Tu ne t’en vas pas d’ici avant d’avoir prié sur moi.» Sa
réaction était complètement différente de ce que j’avais anticipé.
Le lendemain,
je me suis réveillée et me suis dit: «Ça ne se peut pas que ce soit vrai, ça
doit être mon imagination. Je ne peux pas croire toutes ces histoires.» Je suis
venue à Saint-Jean-Bosco, car j’avais la combinaison permettant d’entrer dans
l’église. J’étais seule. Je me suis assise devant le Tabernacle et j’ai dit:
«Seigneur, je ne peux pas croire que tu m’aurais fait ça… Ce n’est pas que je
ne crois pas que tu en sois capable… J’ai besoin d’une preuve. Ça me prend un
signe. Je ne veux pas que les gens rient de toi, ni de moi. J’ai besoin d’un
signe et il va falloir qu’il soit pas mal gros pour que je ne puisse pas passer
à côté. (Qu’est-ce que je connais au sujet des signes? Je suis un peu niaiseuse
quand il est question de choses comme ça.)
Je suis
retournée à la maison et, même si je ne fais pas de jardinage, j’ai commencé à
arracher des mauvaises herbes dans la cour en arrière. J’ai une statue de la
Vierge Marie dans la cour. Pendant que j’arrachais les mauvaises herbes, j’ai
trouvé un rosier que je n’avais pas planté, avec les épines et tout. Je me suis
dit: «Ça pourrait être un signe.» Qu’est-ce qu’un signe? J’en ai aucune idée...
un rosier? Je reste dans un cartier avec des fleurs partout; alors il doit y
avoir une explication pour ceci. Je suis entrée dans la maison et j’ai commencé
à laver les planchers. J’étais en train de devenir folle. Pendant six semaines,
ça m’a trotté dans la tête que j’étais folle et que ça ne pouvait pas être
vrai. Je m’étais imaginée tout cela. J’ai arrêté de laver le plancher et j’ai
décidé d’aller appeler la dame qui a le Cénacle chez elle, celle qui m’avait
dit que j’allais recevoir un cadeau de l’Esprit Saint. Elle me dit: «Viens
faire un tour.»
Je suis
allée chez elle et lui ai dit: «Je ne peux pas croire que le Seigneur m’aurait
fait ça.» Elle m’a répondu: «C’est Lucifer qui parle. Tu dois le combattre. Il
va te mettre toutes sortes de doutes dans la tête. Il va essayer de t’arrêter
d’utiliser ton don. Tu dois le combattre.» Je me suis dit: «Comment est-ce
qu’on se bat avec le diable? J’ai besoin d’aide.» J’ai dit: «J’aimerais que tu
pries sur moi.» Je me suis mise à genoux devant elle et elle a mis sa main sur
ma tête. Je n’écoutais pas ce qu’elle disait. J’ai tout simplement dit: «Esprit
Saint, viens dans mon coeur et arrange-le.» Puis je suis tombée dans le repos
de l’Esprit. J’ai tombé comme une roche. Pendant que je tombais, je me voyais
tomber comme au ralenti, je ressentais la présence de l’Esprit Saint. Je me
sentais en paix. Je suis restée par terre environ cinq secondes, et ça m’est
passé par la tête que cela pourrait être un signe. Ça aurait en effet pu être
un signe, car je ne suis pas du genre à tomber pour rien. Faut me payer cher
pour que je tombe par terre pour rien. Je me suis sentie en paix, plus en paix
que je ne m’étais sentie pendant tout l’été. Mais ça me picotait encore pas mal
fort dans les mains. Je me suis relevée et je me sentais tellement bien. Je me
sentais comme si on m’avait enlevé tout le poids du monde entier de sur mes
épaules. Je me sentais tellement bien. Je suis retournée à la maison.
Le
lendemain était une journée “parents et professeur à l’école”. Je ne voulais
pas aller rencontrer le professeur, car je l’avais déjà rencontré. C’était le
même professeur que l’an passé et je ne voulais pas y aller. Mon plus jeune me
dit: «J’ai fait un dessin, il est sur mon pupitre, et il faut que tu ailles à
l’école le chercher.» Me sentant un peu coupable, j’ai donc décidé de me rendre
à l’école. J’arrive et la femme qui souffrait d’arthrite était là tout près de
la porte. Elle s’en vient vers moi à toute vitesse en me disant: «J’ai essayé
de vous appeler. Je suis guérie.» J’ai dit: «Qu’est-ce que vous voulez dire,
vous êtes guérie?» Elle levait son bras de haut en bas en me disant de nouveau:
«Je suis guérie.» Je me suis dit: «Ça c’est un signe assez évident…» Je lui ai
dit: «Remerciez le Seigneur pour votre guérison, car c’est lui qui vous a
guérie. Je ne suis pas capable de guérir qui que ce soit. Seulement le Seigneur
peut le faire.»
Le
lendemain je suis retournée à l’église et j’ai dit: «D’accord, je te crois. Si
je ne te crois pas, je suis idiote. Et, je suis d’accord de faire ce que tu me
demandes, mais je n’ai aucune idée comment faire. Il va falloir que tu le
fasses pour moi, parce que je ne vais pas aller me planter au coin de la rue et
imposer les mains aux personnes qui passent.»
Pendant
quelques mois, j’ai noté les prénoms des personnes sur qui je priais. Au bout
de onze mois, j’avais prié sur 1500 personnes et j’avais vu 150 miracles. Par
la suite, j’ai décidé de ne plus écrire les noms, car ça concerne le Seigneur
et toute la gloire doit lui en être rendue. C’est lui qui agit. J’ai vu
tellement de miracles! Je suis certaine que j’avais la mâchoire qui me pendait
jusqu’à terre toute la journée tellement j’étais en admiration devant la bonté
de Dieu. Il est tellement plein d’amour, et il nous guérit. Je voyais tant de
miracles. Pas une semaine ne passait sans que je sois témoin d’un miracle. Une
fois, j’ai vu des pieds tout enflés se désenfler devant mes yeux. Ça dépasse
tout ce qu’on peut imaginer. Je suis encore toute émerveillée chaque fois que
ça arrive.
Au
printemps 1998, les choses se sont compliqué un peu. J’ai commencé à avoir des
visions. Je pensais que j’étais vraiment devenue folle, car je voyais des
choses… (dans ma tête). Ceci se passait toujours lorsque j’étais en prière et
que j’avais les yeux fermés. Quand j’ai commencé à avoir des visions, ma mère
m’a suggéré de me trouver un conseiller spirituel. J’en ai trouvé un en la
personne de Soeur Pauline. Elle est une merveilleuse conseillère.
Elle
m’expliqua que le Seigneur utilise mon imagination, mes connaissances et mes
expériences passées et forme des images dans ma tête. Le Seigneur m’enseigne à
travers ces visions et, parfois, il me donne un message pour la personne sur
laquelle je prie. L’Esprit Saint me fait comprendre le sens de la vision, même
si la plupart vont de soi.
Je
voudrais vous partager trois de ces visions avec vous. J’en ai reçu environ
cinquante. J’en ai des copies à l’arrière de l’église, mais je vais en partager
trois maintenant.
Je
reçus l’une d’entre elles pendant la messe à l’église St. Mary au printemps de
1999. La lecture ce jour-là racontait la conversion de Saint Paul. J’aime
beaucoup cette lecture et je l’écoutais très attentivement. Tout à coup,
l’église m’apparut comme étant immense. Je me suis dit: «Oh! mon doux! je
reçois une vision en plein durant la messe!» Je me suis fermé les yeux et
l’église continuait de grandir.
Elle
avait différents niveaux. Elle avait même un cachot et un petit couloir qui
s’enfonçait dans la terre et qui se remplissait d’eau. L’eau en surface
semblait très limpide. Puis elle s’assombrissait et devenait trouble. Le fond
était tout boueux. Toutes les personnes de la terre devinrent des poissons dans
cette eau. Les poissons qui se trouvaient en surface, dans l’eau limpide,
pouvaient voir Jésus qui les nourrissait. Nous assimilions toute cette
nourriture. Pour nous, c’était de la nourriture pour poissons et nous étions
comme des poissons affamés.
Ces
poissons devinrent très gros et très forts. Ceux qui étaient dans l’eau un peu
plus profonde ne voyaient pas toujours la nourriture, alors ils mangeaient
seulement de temps en temps. Et quand ils mangeaient, ils grandissaient un
petit peu. Ils se perdaient dans l’eau sombre et étaient de plus en plus
petits. Ceux qui étaient dans le fond étaient vraiment petits. Ils ne voyaient
jamais la nourriture, ne mangeaient jamais et ne grandissaient pas du tout.
Je
voyais tout cela en couleur avec plein de détails, comme si je regardais un
écran de télévision gigantesque. J’étais complètement absorbée par ce que je
voyais. Puis, tout à coup, l’eau s’est mise à trembler. Nous nous regardions
les uns les autres. Nous avons regardé vers le ciel et nous avons vu un bateau
à fond plat. Jésus était debout dans cette barque et il appelait tous les
poissons à venir jusqu’au bateau.
Les
plus gros poissons, ceux qui étaient en surface, étaient assez forts qu’ils
auraient pu sauter tout simplement dans le bateau. Mais Jésus ne voulait pas
qu’ils le fassent. Il lança un immense filet dans l’eau. Le filet avait des
trous de différentes grosseurs et la Vierge Marie était dans l’eau avec nous.
Elle nous dit: «C’est maintenant l’heure pour vous de vous rassembler dans le
filet. Avant d’entrer dans le filet, il vous faut aller chercher les petits
poissons dans le coin là-bas.»
Elle
envoyait les gros poissons chercher les petits poissons et les emmener dans le
filet. Certains ne voulaient pas être laissés en arrière, alors ils
s’agrippaient aux nageoires des plus gros et réussissaient ainsi à entrer dans
le filet sans trop de problèmes. Certains prirent peur et partirent dans
l’autre direction. La Vierge dit: «Allez chercher ces poissons.» Tous les
poissons étaient en train d’être rassemblés. C’était évident que c’était la
Vierge qui emmenait tous les poissons dans le filet. Elle dit: «Il faut que
vous alliez chercher les petits poissons qui sont dans le fond.» Ils ne
voulaient pas venir et nous lançaient des cris menaçants, puis nagèrent de
reculons et s’enfouirent dans la boue. Nous avons dit: «Vierge Marie, ils ne
veulent pas monter.» «Eh bien, nous dit-elle, allez chercher de plus gros
poissons et emmenez-les tous jusqu’en haut.»
Finalement,
tous les poissons furent réunis dans le filet et Jésus le souleva. Comme il le
soulevait, les poissons qui ne voulaient pas être là se faufilèrent parmi les
autres poissons et s’échappèrent par les trous. Les poissons qui ne voulaient
pas tomber étaient supportés par les plus gros. Quant aux plus gros, ils ne
pouvaient pas tomber car ils étaient plus gros que les trous. Jésus ramassa le
filet et le déposa dans la barque. Ce fut la fin de la vision.
Quand
je revins à moi, j’avais manqué l’Évangile, le sermon, les prières
universelles, et le Sanctus. J’entendis: «La nuit où il fut livré, Jésus pris
le pain…» Je pouvais voir Jésus qui nous nourrissait comme tantôt. C’était une
sensation bizarre, mais c’était une des plus belles visions que j’avais jamais
eue. C’était comme une récapitulation de toute la Bible, car Jésus nous nourrit
dans les sacrements que sont la Réconciliation et l’Eucharistie. Nous avons
tout ce qu’il nous faut pour aller au Ciel. Ceux qui prennent ce dont Jésus
nous nourrit deviennent forts, mais ils doivent prier pour ceux qui ne sont pas
forts. Marie nous conduit à Jésus et Jésus ne veut pas perdre même la plus
petite des âmes. Nous aurons tous la chance d’aller à Jésus, mais nous avons
aussi la possibilité de nous esquiver parmi les autres poissons et de sortir
par les trous.
La
deuxième vision que je veux partager avec vous est celle-ci: Nous étions au
sommet d’une colline et je voyais une vallée à mes pieds. Je voyais qu’on était
en train de crucifier Jésus. Je les voyais enfoncer les clous dans ses mains.
J’ai tout vu. C’était épeurant, terrible à voir, et je vous dis que j’ai
pleuré. Après la mort de Jésus, j’ai vu un gros nuage s’approcher du côté
droit. Je voyais des gens éparpillés partout. Il y avait du tonnerre, de la
pluie, des éclairs et les gens avaient peur. J’ai vu la silhouette de Dieu le
Père. Je l’ai vu tendre la main et ramasser la croix sur laquelle se trouvait
encore Jésus. Il la porta à son épaule droite. Je voyais d’immenses crevasses
par terre et des gens qui tombaient dans les crevasses. Il y avait du tonnerre
et des éclairs. Pendant une fraction de seconde, j’ai ressenti la déception que
Dieu ressentait vis-à-vis de sa création, où il a envoyé son Fils unique pour
nous sauver. Et nous continuons à l’offenser.
Puis,
j’ai vu sa main gauche apparaître. C’était comme une image en 3 dimensions: une
grosse main qui apparaît tout à coup. Sa main était fermée; il l’a ouverte et
j’ai vu une colombe dans sa main. Il souffla sur la colombe et la laissa
s’envoler. La colombe survola la vallée. Chaque fois qu’elle battait de l’aile,
je sentais le déplacement d’air sur mon visage. C’était une très belle vision.
Voici
l’autre vision que j’aimerais partager avec vous. J’ai reçu cette vision
pendant l’adoration. Ma mère m’avait appelée pour me demander de prier pour
certaines personnes. Il me restait environ 20 minutes de mon heure d’adoration.
Je me suis fermé les yeux et j’ai vu une très longue table. Elle faisait
environ 60 pieds de long et était recouverte d’une nappe blanche. Jésus était
assis à l’autre bout. J’ai dit: «Jésus, tu es si loin. Je sais que je suis
toujours en train de te déranger parce que je te demande ceci ou cela. Tu sais,
il faudrait qu’on voit des guérisons parce que les gens ne te connaissent plus,
ils ont besoin de preuves.» Pendant que je parlais, la table se rapetissait.
Elle devint de plus en plus courte et, finalement, elle ne faisait plus qu’un
pied de long. Jésus était assis droit devant moi. Il pris mes mains dans les
siennes et me regarda dans les yeux. Il me dit: «Ma fille bien-aimée, tu ne me
déranges pas. Toutes ces personnes pour lesquelles tu pries sont très
précieuses pour moi. Dis-leur combien je les aime. Ne t’inquiète pas quand tu
te retrouves dans toutes ces situations. Je te remercie pour ta hardiesse et
ton obéissance. Je vais me servir de toi souvent. Je t’aime, ma fille.» Comme
vous pouvez le constater, j’ai eu de merveilleuses visions.
J’aimerais
vous partager un peu ce à quoi je réfléchis depuis un certain temps… comment
nous sommes ici pour rendre gloire à Dieu. Tout ce que nous faisons durant
notre vie devrait être dans le but de rendre gloire à Dieu, pas pour nous. Nous
sommes très gâtés en tant que société. Quand nous avons faim, nous mangeons.
Quand nous avons soif, nous buvons. Quand nous ne nous sentons pas bien, nous
prenons quelque chose pour nous sentir mieux. Nous voulons tout avoir, et tout
de suite. Nous sommes très gâtés. Nous voulons toujours plus, plus, plus. Il y
a tant de souffrance et nous nous demandons pourquoi. C’est le résultat direct
du péché. La conséquence du péché est la souffrance. C’est simple comme ça. Si
je vous vole 5 dollars, je suis celle qui commet le péché et vous êtes la
personne qui souffre. La personne qui commet le péché n’est pas nécessairement
celle qui souffre.
Étant
donnée que nous faisons tous partie du Corps du Christ, nous sommes frères et
soeurs en Jésus. Nous sommes ensemble en ce monde et quand nous commettons le
péché, ça affecte tout le monde. Le bien que nous faisons affecte également
tout le monde.
Nous
savons qu’il y a des enfants qui meurent du cancer dans les hôpitaux.
Qu’ont-ils fait de mal? à qui la faute? C’est que nous sommes pécheurs. Si nous
ne péchions pas autant, il n’y aurait pas autant de souffrance dans le monde.
Tout péché doit être réparé et nous sommes tellement pécheurs. Les gens ont des
relations sexuelles à gauche et à droite, vivent ensemble sans être mariés. Des
avortements sont permis dans notre propre ville. Nous trichons et nous mentons,
nous parlons les uns contre les autres, nous regardons toutes sortes
d’abominations à la télévision et au cinéma, nous allons à la communion sans
être allés à la confession. Certaines personnes disent: «Je ne fais rien de
mal. Je me fais seulement du tort à moi-même. Je peux bien aller en enfer si je
le veux, c’est mon choix.» Non, nous n’allons jamais en enfer seuls et nous
n’allons jamais au Ciel seuls. On en emmène toujours une gang avec nous. Nous
sommes tous responsables de la souffrance dans le monde… Si vous péchez et ne
demandez pas pardon pour ce péché, et ne faites pas réparation pour ce péché,
et n’essayez pas de vous corriger, je vous garantis que quelqu’un va souffrir
pour ce péché, soit vous, soit quelqu’un dans votre famille, ou encore un
étranger, mais quelqu’un va souffrir pour ce péché. Tout péché doit être
réparé, mais nous devons nous rappeler que Jésus est mort pour chacun de nous;
sa miséricorde est infinie! Alors, si nous lui demandons pardon, Jésus va nous
pardonner. Lorsque nous allons à confesse, nos péchés sont pardonnés, et le
boni est qu’avec l’absolution que nous recevons lors du sacrement de
réconciliation, nous recevons la grâce, cette merveilleuse grâce. Qu’est-ce que
la grâce? C’est une aide invisible de Dieu. Qui n’en a pas besoin?
Que
faisons-nous au sujet de l’état terrible dans lequel se trouve le monde? Nous
devons devenir les saints que le Seigneur veut que nous soyons. Comment
devenons-nous saints? Nous le devenons en priant, en recevant l’Eucharistie, en
allant à confesse, en demandant miséricorde pour nos âmes tous les jours (une
conversion du coeur quotidienne), en récitant le chapelet tous les jours, en
jeûnant, en faisant pénitence, en aimant notre prochain comme Jésus nous aime. En
somme, en suivant les commandements!
Dans un
million d’années, nos âmes seront encore aussi vivantes qu’elles le sont
aujourd’hui. Il y a seulement deux endroits où nous pouvons être et c’est
maintenant que nous devons choisir où nous voulons être dans un million
d’années. Je veux tous vous voir au Ciel.
Mise à
jour (mars 2008)
Ma vie
continue à être remplie du privilège d’être témoin de la gloire de Dieu et de
l’action de l’Esprit Saint presque quotidiennement. On se réunit chez moi tous
les mardis pour un Cénacle marial. Ces rencontres sont extraordinaires. De plus
en plus de gens les fréquentent; nous avons entre 50 et 60 personnes qui
viennent fidèlement à chaque semaine.
Je prie
avec plusieurs personnes, soit par téléphone ou en personne. J’ai donné
plusieurs conférences dans des églises et des salles (dans la région et dans
l'est, en Angleterre, en Irelande). Mes enfants grandissent; alors je peux
voyager plus facilement et j’irais parler là où je serais invitée. Les
arrangements peuvent être faits en communiquant avec moi par l’intermédiaire de
ce site web.
Les
visions et locutions intérieures de Jésus et de Marie sont pleines d’amour, de
miséricorde et d’espérance. Plusieurs personnes sont entrées en communication
avec moi à travers ce site web et j’ajoute leurs intentions de prières à mes
intentions quotidiennes. Je ressens qu’il existe un réseau souterrain de
prières qui est discret mais très puissant. Cela contribuera au triomphe du
Coeur Immaculé de Marie.
Je prie
l’Esprit Saint de descendre sur chaque personne de la terre afin que chacune
puisse vivre une réelle conversion du coeur.